Le trône de cristal - Tome 1 - L’assassineuse de Sarah J. Maas

30/3/2025
Fantasy

Résumé  

Keleana est esclave dans les mines d’Endovier pour avoir été l’assassineuse la plus puissante et la plus redoutée de tout Adarlan. C’est alors que le prince Dorian vient la sortir de prison sous une condition : gagner le tournoi de Champions organisé par son père. Si elle gagne, elle devra servir la couronne quelques années avant d’être libérée. Si elle perd, retour à Endovier. Keleana accepte de suivre Dorian jusqu’à la capitale et son palais royal où elle mettra en jeu son honneur et sa vie. Surtout quand ses concurrents se mettent à mourir de manière aussi sauvage que surnaturelle…

Mon avis

J’ai acheté ce roman (en format poche, ouf !) pour compléter une grosse commande sans me ruiner. Je me suis fiée au petit badge “incontournable” sur la couverture. Mal m’en a pris et je me méfierai la prochaine fois ! Mon mot d’ordre : fuyez, pauvres fous !

Gandalf : fuyez pauvres fous !

Je ne comprends pas comment un navet pareil peut être dans le top des ventes et aussi bien noté, au lieu d’avoir sombré dans l’oubli moins d’un an après sa sortie.

Une petite liste de la longue série de dents que j’ai contre ce livre ? Attention, je spoile sans aucun état d’âme.

Le personnage de Keleana. J’ai détesté Keleana. Elle est superficielle, bête, faible, inconstante, orgueilleuse… j’en ai encore quelques-uns. Le problème, c’est que l’autrice veut nous la présenter comme une jeune femme (dix-sept ans) badass, puissante, fatale, faisant tourner les têtes de colère ou de rage, quand elle ne les coupe pas. Vous voyez venir le problème ? Les contradictions ! Un exemple : page 20, elle se dit qu’elle se fiche d’être sale pour être présentée au prince, page 21, littéralement juste en face, elle se trouve trop sale et a honte. Cette magnifique contradiction n’est que le début d’une longue, longue liste. Keleana est libre malgré les apparences, peut tuer n’importe qui, n’importe comment, avec à chaque fois force de détails… Et hop, elle ne s’enfuit jamais et ne tue, au final, personne. Rappelez-moi… Elle est bien assassineuse ? Elle n’a peur de rien… Et hop, elle tremble devant le roi (je n’ai toujours pas compris pourquoi). Elle est la meilleure du mooooonde… Et hop, “insérer ici un comportement inverse qu’il y aura sûrement dans le livre”. Ces sautes d’humeur m’ont vraiment fatiguée, au point que je n’arrive pas à trouver une seule qualité à Keleana. Elle va même jusqu’à soupçonner sa meilleure amie de meurtre alors que l’autrice nous sert gentiment les coupables sur un plateau et qu’elle-même les trouve suspects !

Les autres personnages ? Hmmm… passons à la suite, ils sont creux et sans intérêt.

La romance. Tant qu’on est sur Keleana… Bien évidemment, c’est l’héroïne. Elle sort d’un an d’esclavage dans les mines, elle reste pourtant belle et attirante. Elle capte immédiatement l’intérêt du prince. Puis, une fois arrivée à la capitale, elle se lave, s’habille aussi bien qu’une dame de la cour… Alors là… elle fait tourner toutes les têtes, attise les jalousies et se repaît de toutes ces attentions dont elle est la cible. Un homme ne lui suffisant pas, elle s’acharne à séduire le deuxième, un peu trop jeune, naïf et innocent à mon goût pour son poste de capitaine de la garde. Mais, au final, c’est bien sur le prince qu’elle jettera son dévolu. Pourquoi ? Parce qu’il est beau. Ah, il aime lire aussi. Comme elle. Nous sommes sur une romance en profondeur, pas du tout superficielle, n’est-ce pas ? J’avoue que mon coeur ne s’est pas emballé… Faut-il en dire plus ?

L’intrigue. Bon, le personnage principal m’est antipathique, la romance me laisse de marbre… Allez, je suis là pour lire un tournoi, des combats épiques, des épreuves palpitantes, des… pardon ? Il n’y a rien de tout cela ? Ah bon ? Eh bien oui ! On suit certes Keleana dans ses entraînements intenses et épuisants où elle remet enfin en question ses capacités diminuées par l’esclavage pour l’instant d’après se croire de nouveau invincible. Mais on suit aussi et surtout Keleana dans ses balades dans le parc avec la princesse Nehemia, à la bibliothèque, dans ses habillages, au bal, pendant ses repas, en train de lire dans son lit, à explorer un obscure labyrinthe, à bouder, à râler, à se plaindre, à minauder, à se mettre en valeur… Et, de temps en temps, l’autrice nous laisse le plaisir d’une épreuve fade, sans saveur : tir à l’arc, escalade, connaissance de poisons… Le tout sans public. Il devait y en avoir treize, on nous en a servi la moitié, les autres sont juste évoquées, voire annulées. M’est très vite venue la question suivante : au fait, pourquoi le roi veut-il un champion, et laisse le choix des concurrents aux hommes les plus influents du pays ? L’autrice a sans doute essayé de le justifier, maladroitement, mais je n’en ai aucun souvenir. Mais laissons de côté les épreuves pour nous concentrer sur le plot twist qui arrive à la moitié du tome ! Là, je me suis demandé : pourquoi maintenant ? Si on oublie le danger inutile et l’aide miraculeuse que cela apportera souvent à l’héroïne (n’était-elle pourtant pas la meilleure du moooooonde ?), cela n’a fait que me conforter dans l’idée que l’autrice ne sait pas écrire une intrigue correctement construite. C’est méchant ? Mais c’est vrai. Ah oui, parce que Keleana est non seulement assassineuse, badass et femme fatale, il faut maintenant lui rajouter la casquette de sauveuse du monde. Rien que ça. Et ç’en est trop.

La misogynie. Allez, j’en rajoute une couche. Une héroïne que l’on a voulu forte et indépendante, capable de mettre des hommes au tapis, de faire trembler les rois et les nobles, d’assumer pleinement ce qu’elle est, en toutes circonstances… On est sur un roman un peu féministe, non ? Perdu ! J’ai développé dans le premier point les grosses contradictions dans l’écriture du personnage, entre son caractère réel et la manière dont l’auteur a tenté de le sauver. On n’a pas affaire à une femme hors-norme, mais à une geignarde qui se croit extraordinaire, avec, certes, un entraînement rigoureux, mais qui ne peut rien faire sans les autres. On lui sauve la vie en permanence ! Sans compter qu’elle est elle-même misogyne ! Elle juge les femmes de son entourage sur leur physique. Sans les connaître, elle les traite d’idiotes, de dindes, de ridicules… et plus elles sont jalouses d’elle et de son lien avec le prince, plus elle les enfonce. Elle est bien évidemment au-dessus de toutes ces dames de la cour. Quant à la rivale, censée être elle aussi une femme forte, elle n’est finalement présentée que comme une droguée parvenue rêvant d’un pouvoir qu’elle ne pourra jamais avoir, pion de ceux qu’elle pense manipuler. Alors oui, elle est détestable car son personnage est voulu ainsi. Mais en fait, on finit juste par la prendre en pitié. Petit aparté sur les hommes… Ils sont soit très beaux, soit particulièrement moches, ou juste pas décrits. 

Conclusion

Je m’arrête là. Il y aurait de nombreuses choses à dire, de nombreux détails à ajouter, mais vous aurez sans difficulté compris que ce n’est pas une lecture que je recommande. C’est mal écrit, les personnages sont sans intérêt, l’intrigue est bancale, les moments qui devraient être importants ne le sont pas. J’ai bien trop souvent levé les yeux au ciel. Si vous le tentez… prenez le comme une caricature et non pas comme un incontournable de la littérature young adult, comme le tampon sur la couverture a voulu me faire croire !

Tine

Quand j’étais petite, je dévorais tous les livres qui me tombaient sous la main. J’ai découvert au collège la littérature de l’imaginaire et suis devenue accro. Mais en grandissant, je suis restée bloquée à la littérature jeunesse, que je consomme toujours avec un plaisir sans égal ! Je fais tout de même parfois quelques incursions dans le monde des adultes, mais j’aime proposer à mon entourage des ouvrages de littérature jeunesse qui, pour moi, dépassent les frontières des âges. Quand on aime, on ne compte pas (le nombre d’années) ! Pour ma part, j’ai lu la trilogie du Dernier souffle au lycée ! Un vrai régal !

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